Participants + abstracts:

 

Bernard Andrieu

Sarah Carvallo

Emmanuel Dhombres

Martin Dumont

Marie Gaille

Aram Gazarian

Jérôme Goffette

Marieke Hendriksen

Rebeca Ibáñez Martín

Sébastien Janicki

Eulalia Perez-Sedeño

Isabelle Queval

Bernard Raphael

Jonathan Simon

 

 

 

Bernard Andrieu

Pr. Epistémologie du corps et des pratiques corporelles

Faculté du sport de Nancy Université

ACCORPS/UHP & LHPS UMR 7117 CNRS & GDR 2322 CNRS

 

Quelle hybridation du corps ? Perfectibilité bionique et élimination du handicap 

 

Abstract : The dream of body’s perfection is not just an utopia of post-humanism. With the bionic neurobiotechnology, the perfectibility of body, after the gender and the cyborg, might find with the hybridation a new conceptualization of disbalilities.

 

Georges Vigarello a démontré, dès 1988, comment l’évolution des matériaux modifiait le schéma corporel, la motricité et l’image du corps : «  les combinaisons motrices changent avec la substance de leurs outils ». Une technique corporelle correspond aux matériaux de son temps : la transformation de l’outils transforme les techniques du corps par la rétro-action sur les logiques motrices des logiques instrumentales. Ainsi les mouvements du saut sont modifié par la perche en fibre de verre. Les mécaniques corporelles et les techniques gestuelles prouvent «  les transferts de technologie vers les pratiques corporelles » L’évolution des formes du corps, la transformation des aires de sports, comme dans le lancer du poids,et la réduction des contradictions mécaniques (résistance, pénétration dans l’air) ont contribué à la modification des postures, mouvements et gestes corporels.

Mais l’analyse de G. Vigarello peut aujourd’hui se poursuivre avec l’hybridation du corps lui-même avec le matériau. Si le corps et ses attitudes sont bien modifiés dans le profil, le style, la position lors de la performance (corporelle, sportive) comme dans la recherche de la position de marche, l’incorporation des matériaux exige une adaptation motrice du corps : la technique extérieure devient une technique du corps au sens de Marcel Mauss..

L’hybridation biotechnologique et bionique accomplit un pas supplémentaire par rapport à la simple réparation du corps ou amélioration orthopédique des fonctions. Le corps se modifie par l’interaction bionique avec l’implant, la prothèse devenant une partie de l’organe. La reconnexion nerveuse rétablit une continuité entre la fonction physiologique et le complément artificiel. En devant hybride le corps, jusque là considéré comme handicapé, doit, selon un holisme interactionniste, s’adapter et recomposer sa motricité, sa perception et ses modes actions.

Perfectionner le corps implique une perfectibilité bionique qui vient modifier le concept de handicap en définissant une transbioculturalité.

 

 

Emmanuel Dhombres

Postdoc REHSEIS

Paris

 

La perfection du corps humain à l’épreuve de la critériologie anatomique de l’échelle des êtres : l’exemple de Lamarck (1744-1829) et de Milne-Edwards (1800-1885)

 

Les problèmes posés par la recherche d’une compatibilité entre, d’une part la référence à la topique de l’éminence et de la supériorité de l’homme sur les autres espèces animales, et d’autre part l’utilisation des critères de perfectionnement des êtres organisés – qu’ils s’agisse de critères fonctionnels (comme la puissance, l’habileté, etc.), esthétiques (l’harmonie) ou écologiques (l’adaptation au milieu) – se sont toujours révélés redoutables. Les critères anatomiques n’ont pas non plus échappé à cette difficulté. C’est notamment le cas du plus usuel d’entre eux – celui que les naturalistes du XVIIIe siècle nommaient la « composition de l’organisation », avant de le nommer, au XIXe siècle la « complication » (ou différenciation) morphologique.

Dans cette communication nous examinerons les analyses et propositions avancées par deux illustres promoteurs français de cette critériologie anatomique de l’échelle des êtres, le chevalier de Lamarck et Henri Milne-Edwards, pour faire face au double défi que constituent, d’une part son défaut de caractère opératoire, et d’autre part, son défaut de compatibilité avec l’exigence métaphysique de supériorité zoologique de l’espèce humaine. Enfin nous montrerons que, s’il lui a permis d’accréditer la validité du critère morphologique de la complication en tant qu’instrument de mesure du perfectionnement organique, le recours par Milne-Edwards à un critère physiologique (la division du travail physiologique), couplé au paramètre anatomique traditionnel, ne l’a pas mis non plus en mesure de sortir des impasses théoriques et pratiques où le conduisait son lamarckisme méthodologique.

 

Martin Dumont

Professeur agrégé de Philosophie

Université Paris X

 

Marieke Hendriksen

PhD student Leiden University

Faculty of Humanities, Pallas research

Johan Huizinga Gebouw, room no. 2.19

Doelensteeg 16

2311 VL Leiden

The Netherlands

 

A joint pursuit of the ‘homo perfectus’? The working relation of Bernard Siegfried Albinus (1697-1770) and Jan Wandelaar (1690-1759)

 

For a long time, drawing dissected bodies and body parts was the most fruitful way of making a lasting registration of anatomical discoveries. Drawings had the benefit over preparations that they were relatively easy to reproduce and could be spread in the form of books and atlases. A good draftsman was therefore a valuable asset for an anatomist and many famous anatomists build strong relations with their draftsmen. Bernard Siegfried Albinus (1697-1770), known for his pursuit of the homo perfectus, started working with Jan Wandelaar (1690-1759) in 1723. Wandelaar illustrated many of Albinus’ anatomical writings, such as his famous atlas on the skeleton and the muscles. Their cooperation lasted over thirty years, with Albinus soon taking up Wandelaar in his own household.

However, in early modern times draftsmen and painters were often considered mere artisans or craftsmen in the service of commissioners: the majority did not yet have the autonomous, independent status now ascribed to artists. The commissioner was mainly interested in the draftsman’s capability of depicting an image ‘true to nature’ and in most cases anatomists greatly influenced the outlook of anatomical depictions. Some assume this may have frustrated the artists involved greatly. Punt even goes as far as to conclude Jan Wandelaar probably was not very fond of his patron Albinus, based on the fact that there is no known portrait of Albinus by Wandelaar. However, other sources mention a mental and physical breakdown of Albinus upon Wandelaar’s death in 1759. This paper aims at investigating the relationship of Albinus and Wandelaar. I argue that Albinus’s homo perfectus, as represented in his anatomical atlas and preparations, was not a universally valid ideal, but reflects both Albinus’s and Wandelaar’s individual ideas about the pursuit of perfection.

 

 

Marie Gaille

Chargée de recherche, CR1, Philosophie, CERSES (Univesité Paris 

Descartes/CNRS)

mariegaille@yahoo.fr

 

Le fantasme du « bébé parfait » et la décision médicale du tri d’embryon ou de l’avortement thérapeutique

 

L’intervention que je propose s’inscrit dans une recherche sur le désir d’enfant, qui est à son commencement. Je souhaite proposer dans un premier temps une analyse, dans le contexte français contemporain, des occurrences de ce fantasme et de la dénonciation qui lui est généralement associée. En effet, sa signification et le constat d’une réalité qui lui corresponde n’ont rien d’évident. Sommes-nous dans la dénonciation de la recherche du perfectionnement, ou encore dans celle du risque de dérive eugéniste ? Que signifie alors « perfectionnement » ? Et de quel ordre serait cette dérive ? Ou faisons-nous face à un discours qui postule un phénomène en réalité inexistant ?

L’idée du fantasme du « bébé parfait » apparaît de façon récurrente dans trois arènes de discours distinctes, mais aux frontières poreuses : déclarations et prises de position dans le débat public, propos philosophique et/ou bioéthique, littérature médicale. Une fois passé en revue ces trois aires discursives, j’aimerais proposer une analyse des arguments avancés pour étayer la dénonciation de la quête du « bébé parfait ». De façon intéressante, l’on constate que certains des arguments présents dans d’autres contextes culturels sont absents du débat français : pourquoi certains sont-ils mis ici en avant tandis que d’autres sont passés sous silence ? Quels concepts, quels principes sous-tendent les arguments déployés pour dénoncer le fantasme du « bébé parfait » ? A partir de l’examen des arguments présents, je souhaiterais dans un troisième temps tenter de qualifier la difficulté morale que recèle la dénonciation de la quête du « bébé parfait ».

 

 

Professeur Aram Gazarian

Chirurgie de la main et du membre supérieur

Clinique du Parc, Lyon 69006

Service d’orthopédie pédiatrique

Hôpital Edouard Herriot, Lyon

a.gazarian@cliniqueduparclyon.com

 

Rebeca Ibáñez Martín, Ph.D Candidate

Dept. Science, Technology and Society

Centre for Human and Social Sciences

Spanish Scientific Research Council (CSIC)

Madrid, Spain

rebecaibanezm@gmail.com

 

Functional Bodies, Functional Foods: Perfection Accomplished.

 

The biomedicalization of bodies has taken many paths. The quest for the perfect body, often times represented through the female body, has a novel a profiting niche in Western societies. Functional foods. The functional foods revolution, as many authors have put it, refers to those foods that have some extra component that prevents illnesses or enhances a body function. In this paper I argue that functional foods research, marketing, and consumerism respond to a (not that novel) idea of perfection and high performance of the body. In such an ideal, functionality plays a crucial role. Here functional equals to perfect. What are then the bodies that are left aside? Which bodies will be not that functional or perfect? What are the gender anxieties and expectations that are played and displayed in functional foods? The scheme of functionality thus refers to a concrete idea of perfection that is accomplished and represented in this particular case through the lack of illness. Therefore, health becomes a moral state of perfection always in construction, and highly individualized. The technologies of the self, of self governance, then go a step further thanks to food consumption. However, this is not a new phenomenon. Eating disorders such as bulimia, anorexia and orthorexia are phenomena deeply entrenched in western values of beauty, success, and well being. With this paper I argue that the rise and commercialization of functional foods correlates with the idea of wellness as a moral state of being and the ultimate perfection of bodies that has to be achieved though biomedicalization and consumer practices.

 

 

Sébastien Janicki

ATER, Service Commun de Formation en Sciences Humaines et Sociales,

Université Claude Bernard Lyon I

Université de Lyon - Université Lyon 1

EA 4148 LEPS, Laboratoire d'Etudes du Phénomène Scientifique

 

Ubris technoscientifique et corporéité : l’enjeu des nanotechnologies.

 

Le problème du perfectionnement du corps humain est à la fois un enjeu scientifique et philosophique. Outre le fait que la transformation du corps peut s’avérer utile du point de vue thérapeutique, le désir de l’homme d’améliorer sa propre corporéité renvoie au couple conceptuel nature/technique. Le corps peut devenir un être dénaturé puis renaturé par la technique. Un tel désir révèlerait sa signification et s’organiserait vers l’aspiration artificialiste contemporaine que l’ingénierie du vivant exploite et expose autour d’un corps et d’une santé perfectible. D’un point de vue historique, n’est-ce pas l’idéal cartésien du corps humain considéré comme machine qui engage une telle démarche ? L’histoire du corps peut être considérée comme une histoire des machines. Aussi, c’est de cette perspective que nous inscrirons notre réflexion dans le rapport du perfectionnement du corps et des nanotechnologies en nous référant notamment à l’ouvrage de Drexler, Engines of creation et aux travaux menés par la Foresight Institute. Néanmoins, Drexler prophétise davantage sa nanomédecine qu’il ne la pratique. Cependant, si nous suivons son programme de recherches sur les nanorobots, relevons leurs capacités à transformer le corps humain, le guérir, améliorer ses capacités et plus surprenant encore, d’assurer un prolongement considérable de l’espérance de vie. En ce sens, les nanotechnologies cherchent à maîtriser et transformer la nature au même titre que le projet mécaniste cartésien. Dès lors, le corps parfait devient un mixte entre nature et technique. Toutefois, en interprétant le mode d’existence des objets techniques de Simondon, pouvons-nous avancer qu’un tel corps perfectionné résulterait d’un nouveau processus de naturalisation ? Finalement, le rapport entretenu par l’homme et la machine signe cette aspiration au corps parfait ou tout du moins à cette quête de perfectionnements. L’homme ne trouve-t-il pas une réalisation de son désir dans sa relation au produit technique sensée accomplir parfaitement ses fonctions, et combler ainsi ses manques ?

 

 

Eulalia Perez-Sedeño. Research Professor.

Dept. Science, Technology and Society

Centre for Human and Social Sciences-CSIC

Spain

eulalia.psedeno@cchs.csic.es

 

Technologies on female bodies: breast cosmetic surgery and CIP

 

Foundational scientific myths of Western culture reveal and conform in an essential way our female and male values and stereotypes. Aristotle, Galen or Darwin defined and condemned to the women by their nature, their body, leaving them to the container’s role.

What happens when the bodies are not perfect? What happens when they not performance as expected to do it? What about women in those bodies? Science and technology offer their services. We are referring especially to two kinds of technologies: aesthetic/cosmetic technologies and reproductive assisted Technologies. After all, they repair ‘the things’: the technologies return the things to as they must be.

This is especially relevant in the case of breasts cosmetic surgery. Breasts are a symbol of womanhood and they juxtapose sexuality and maternity. They are a sexual marker, but also point out their maternal function: they are the source of life-giving milk. Breasts are the place where the dichotomise aspects of women  - the mother and the whore, good and evil, nature and technology -   mix and combine.

Small attention has been paid to these science and technologies from a socio-cultural and epistemic point of view, in spite of their central role in human life. They are not an isolated phenomenon of knowledge production and technological practice capable of be studied as been in a black box. By the contrary they are processes that are considered immersed in the environment that make them possible and of that they are nourished. This is a scientific and technological environment, but also is economical, legal, health, social and cultural one; it owns, likewise, technological needs that produce growing demands of resources for technological research and innovation. These science and technologies have important repercussions in how social, medical and cultural conceptions of the bodies change (especially female bodies).

These techno-sciences view bodies as commodities that can to help to success (or not) in which they inhabit. These techno-sciences consider bodies as consumers’ goods, as commodities. Physicians and patients (perhaps or much better, clients?) consider the bodies (or part of them) as independent entities that can be altered by the purchase and installation of ‘artefacts’.

 

Isabelle Queval

Maître de conférences à la Faculté des Sciences humaines et sociales - 

Sorbonne

Philosophie du corps et histoire des pratiques corporelles dans l’éducation

Université Paris Descartes

Centre Edgar Morin - EHESS/IIAC/CNRS UMR 8177

 

La surnature du sportif d’élite : corps entraîne, corps dopé, corps augmenté

 

Une révolution s’est opérée quant au corps. Il ne s’agit plus seulement de soigner, prévenir et restaurer la santé tel que l’Antiquité en avait initié l’usage, ni de cultiver une perfectibilité corporelle susceptible d’infléchir un destin individuel -et de l’améliorer-, projet médical, pédagogique et politique du XVIIIème siècle, mais bien de modifier et transformer le corps, c’est-à-dire aussi la nature. Pharmacologie, greffes, prothèses, dopage supposent la plasticité du corps et sa perméabilité à l’artifice technique. Par là, la question de l’identité humaine se pose, ou se posera, c’est-à-dire celle de la définition d’un corps naturel, de ses limites et de sa possible hybridation. Plus avant, la révolution du corps suggère sa production. Les progrès médicaux ont permis l’allongement de la durée de vie, dans/avec un corps moins souffrant. S’annonce l’ère d’un corps su, voulu, créé, projet volontaire et rationnel qui, de la PMA à la chirurgie esthétique, via la cosmétologie ou le sport, suggère le rejet de la nature et du hasard. Tel est le fantasme actuel : la maîtrise du corps, l’investissement identitaire dans un corps devenu destin, capital, jugement dernier. Sans doute, la perte des grandes transcendances au XXème siècle a-t-elle aussi cette conséquence : l’espoir, c’est-à-dire la vie bonne, longue, saine, réussie, vient par le corps. Or le sport d’élite, comme laboratoire expérimental de la performance humaine, incarne à plein ce processus. De par l’optimisation des paramètres technoscientifiques, il illustre ce culte du progrès hérité des Lumières. De par son essence -l’amélioration de la performance-, il figure un évolutionnisme schématique dont le dopage est un ingrédient logique. Par la manière, enfin, dont la construction sportive de soi suppose une économie instrumentale du corps, l’entraînement du champion fait écho à une sportivisation du corps et des mœurs qui, au-delà de l’injonction médicale à faire de l’exercice, révèle l’idéal contemporain d’un corps-œuvre, indéfiniment perfectible.

 

 

Bernard Raphael

Professeur Honoraire des Universités

Chirurgien Honoraire des Hôpitaux

Grenoble

 

Organisation :

 

Sarah Carvallo

Maître de conférences

Ecole Centrale de Lyon

36, avenue Guy de Collongue

69134 Ecully Cedex France

EA 4148 LEPS, Laboratoire d'Etudes du Phénomène Scientifique

 

 

Jérôme Goffette

Maître de conférences

Service Commun de Formation en Sciences Humaines et Sociales,

Université de Lyon - Université Lyon 1

EA 4148 LEPS, Laboratoire d'Etudes du Phénomène Scientifique

 

Anthropotechnie : cheminement d’un terme, concepts différents

 

Le début du XXI siècle a vu la multiplication de travaux philosophiques sur le dépassement du cadre médical classique, tendu entre le normal et le pathologique. Qu’il s’agisse d’interrogations sur la recherche d’une « perfection » (Sfez, La santé parfaite, 1995 ; Rothman & Rothman, The Pursuit of Perfection, 2003), de réflexions sur le dépassement vers du « mieux que bien » (Elliott, Better than Well, 2003) ou de la caractérisation d’un nouveau champ, « l’anthropotechnie » (Sloterdijk, Règles pour le parc humain, 2000 ; Hottois, Species Technica, 2002 ; Goffette, Naissance de l’anthropotechnie, 2006), l’idée d’une pratique de modification de l’être humain méliorative et d’un perfectionnement du corps tend à s’imposer. Nous voudrions ici aborder cette thématique en l’insérant dans une perspective historique, et plus précisément en suivant les occurrences d’apparition du terme « anthropotechnie ». Nous porterons plus particulièrement le regard sur trop périodes d’occurrences plus marquées, d’abord la charnière entre le XIX et le XX siècles, ensuite les années 1948-1955 où fut créé un Centre d’Etudes Anthropotechniques, et enfin la décennie en cours. Bien qu’il s’agisse du même terme, des inflexions conceptuelles importantes apparaissent, avec des enjeux institutionnels assez différenciés.

 

 

Jonathan Simon

Maître de conférences

Service Commun de Formation en Sciences Humaines et Sociales,

Université de Lyon - Université Lyon 1

EA 4148 LEPS, Laboratoire d'Etudes du Phénomène Scientifique