Jonathan Simon PDF Imprimer E-mail

 

Maître de conférences en histoire des sciences
Université Lyon 1

Domaine principal de recherche:
Histoire de la pharmacie et de la chimie

 

Tél : 04 72 44 62 51
Fax : 04 72 43 15 35

Adresse électronique : jonathan.simon(at)univ-lyon1.fr

Courrier:
S2HEP (La Pagode)
Université Lyon 1
69622 Villeurbanne Cedex

SOMMAIRE
1. Curriculum vitæ
2. Thèmes de recherche
3. Liste des travaux et publications
4. Résumés des travaux et publications


1. CURRICULUM VITÆ


DIPLOMES ET STATUT

Déc. 2006

Maître de Conférence en Histoire Philosophie des sciences, Université Claude Bernard Lyon 1

Avril 1997

Doctorat en Histoire et Philosophie des Sciences, Department of History and Philosophy of Science, University of Pittsburgh, Pittsburgh, Etats-Unis. Thèse intitulée “The Alchemy of Identity: Pharmacy and the Chemical Revolution, 1777-1809.” Jury : Professor James Edward McGuire (directeur), professeur à l’University of Pittsburgh, Président, Professor Fritz Ringer, ‘University Professor’ à l’University of Pittsburgh, Professeur Bernadette Bensaude-Vincent, professeur à l’Université Paris X, Nanterre, Professeur Robert Olby, professeur à l’University of Pittsburgh, et Professor Peter Machamer, professeur à l’University of Pittsburgh.

sept. 1987

Licence en Chimie et Philosophie des Sciences, University of London (First Class Honours).

août 1983

‘A’ levels en Mathématiques, Physiques, et Chimie

 

2. THEMES DE RECHERCHE

Histoire de la Sérothérapie

Depuis février 2004, je travaille au sein d’une équipe internationale sur la découverte d’un traitement contre la diphtérie à la fin du dix-neuvième siècle. J’examine en particulier le cheminement expérimental qui amena Emil Behring vers la découverte du principe de l’immunisation passive à partir de son concept de ‘désinfection intérieure’. Dans ce projet, nous explorons les différences entre les approches du groupe de recherche autour de Emile Roux à l’institut Pasteur et celles du groupe de Behring à l’Institut d’Hygiène à Berlin, ainsi que les différents modes de production (industrielle) du sérum dans les deux pays. Je vois ce travail comme un pont entre mon travail de doctorat qui traitait des recherches pharmaceutiques du début du dix-neuvième siècle, et les études sur la découverte pharmaceutique au XXe siècle.

 

La Révolution Chimique

La révolution chimique est typiquement présentée comme une révolution théorique, en l’occurrence l’introduction de la théorie de l’oxygène par Lavoisier. Par contre, l’absence des applications médicales de la chimie dans l’œuvre de Lavoisier et, en particulier, de son Traité élémentaire de chimie de 1789, elle, passe le plus souvent inaperçue. Pourtant, l’absence de la chimie médicale, de la pharmacie en premier lieu, est frappante quand on compare ce Traité à ceux qui l’ont précédé. J’offre une interprétation alternative de cette révolution chimique en revisitant cet épisode de l’histoire par le biais de la pharmacie, et en y intégrant le bouleversement du contexte institutionnel opéré par la Révolution Française. Ma thèse principale est qu’une partie significative de cette révolution réside dans la séparation de la chimie et de la pharmacie à la fin du dix-huitième siècle en France. Même si, par rapport aux autres sciences comme la physique, la chimie restait dévaluée à cause de ses associations pratiques et ses manipulations expérimentales, elle se construisit par la mise à distance des ‘arts chimiques’ à ce moment-clé de son évolution comme science. Comment cette approche de la révolution chimique nous permet-elle de repenser le concept de révolution scientifique et de reformuler certains questionnements et certaines démarches de l’histoire des sciences?

 

Les Préparations anatomiques au 18ème siècle - La présentation des collections comme lien physique entre les scientifiques et le public

J’ai déjà fait des recherches approfondies sur les préparations anatomiques de Fragonard et les collections des minéraux en France à la fin du dix-huitième siècle. L’étude de ces collections privées et publiques, me permet de développer une réflexion sur le fonctionnement des collections scientifiques au point de rencontre entre des schémas classificatoires qui révèlent une certaine conception des objets, de leur place dans la science, des objectifs de l’exposition, et des divers publics d’horizons très différents, depuis les collègues scientifiques des collectionneurs jusqu’aux amateurs beaucoup moins informés sur la signification de ces collections. Je veux intégrer ces études à une réflexion plus vaste sur la fonction de ces collections comme incarnations des sciences (leur organisation et leur explication) et sur les publics qui se déplaçaient pour les voir, et qui viennent encore aujourd’hui, sans forcément s’intéresser aux détails du contenu scientifique. Evidemment, la culture des visites de telles collections (maintenant principalement les musées scientifiques) a beaucoup évolué depuis le 18ème siècle, ainsi que la culture dans laquelle les scientifiques et leurs publics vivent. Comme je l’ai déjà argumenté, la transformation-clé dans ce domaine est la séparation des espaces professionnels et le développement d’une idée plus nette de ce qui constitue une connaissance ou une approche objective, scientifique. Dès que cette vision des sciences fut établie, en opposition avec celle des personnes venant de l’extérieur, il est devenu plus facile de remettre en question la confusion entre art et science que l’on retrouve dans les collections d’histoire naturelle ou d’anatomie au dix-huitième siècle. Je veux explorer la création historique de cette séparation entre scientifique et public non-scientifique par un examen du sort de ce genre de collection en France au cours du dix-neuvième siècle, une période pendant laquelle les sciences se sont professionnalisées et ont développé une esthétique moderne et objective.

 

3. LISTE DES TRAVAUX ET PUBLICATIONS

LIVRES

Jonathan SIMON & Bernadette Bensaude-Vincent, Chemistry, The Impure Science, London: Imperial College Press, 2008

Jonathan SIMON, Chemistry, Pharmacy and Revolution, Aldershot: Ashgate, 2005

 

DIRECTION D'OUVRAGES

Christoph Gradmann & Jonathan Simon (eds), Evaluating and Standardizing Therapeutic Agents, 1890-1950, Basingstoke: Palgrave-Macmillan, 2010.

Christian Bonah, Christophe Masutti, Anne Rasmussen, & Jonathan Simon (eds), Harmonizing 20th-Century Drugs: Standards in Pharmaceutical History, Paris: Glyphe, 2009.

 

ARTICLES PUBLIES DANS DES REVUES INTERNATIONALES A COMITE DE LECTURE

J. Simon "The production of purity as the production of knowledge" Foundations of Chemistry, 2012
This article can be cited by its unique Digital Object Identifier (DOI) 10.1007/s10698-011-9144-7in the following form: J. Simon, Foundations of Chemistry, 2012, 10.1007/s10698-011-9144-7.

J. Simon “Louis Pasteur: the chemist in the clinic.” in Oren Harman & Michael Dietrich (dir.). Biology Outside the Box: Boundary Crossers and Innovation in Biology. Chicago University Press (à paraître).

J. Simon “Chemistry and Pharmacy: A Philosophical Inquiry into an Evolving Relationship” in R. F. Hendry, P. Needham & A. I. Woody (Dir) Handbook of the Philosophy of Science. Volume 6: Philosophy of Chemistry, Elsevier 2012 Foundation of philosophy of chemistry, pp. pp. 519-530.

Simon, J. “ Les fonctions pratiques des préparations anatomiques : réflexions historiques” in Soraya Boudia, Anne Rasmussen et Sébastien Soubiran (dir.) Patrimoine et communautés savantes, Rennes : Presses Universitaires de Rennes, 2010, 139-149.

C. Degueurce et J. Simon "Fragonard's écorchés in the context of a new project for a historical museum of veterinary medicine" Medicina nei Secoli Arte e Scienza, 2009, vol. 21 no. 1 : 37-56.

Simon, J. “Monitoring the Stable at the Pasteur Institute”, Science in Context, 2008, 21: 181-200.

J. Simon “Emil Behring’s Medical Culture: from disinfection to serotherapy” Medical History, 2007, Vol. 51: 201–218.

J. Simon "The origin of the production of diphtheria antitoxin in France, between philanthropy and commerce" Dynamis, 2007, vol. 27: 63-82.

J. Simon “Authority and Authorship in the Method of Chemical Nomenclature” Ambix, 2002, Vol. 49.3 : 207–227.

J. Simon “The Theatre of Anatomy: The anatomical preparations of Honoré Fragonard (1732-1799)” Eighteenth-Century Studies, 2002, Vol. 36.1 : 63–79.

J. Simon “Analysis and the Hierarchy of Nature in Eighteenth-Century Chemistry” British Journal for the History of Science, 2002, Vol. 35 : 1–16.

J. Simon  “Naming and Toxicity: a history of strychnine.”  Studies in History and Philosophy of the Biological and Medical Sciences, 1999, Vol. 30C.4 : 505–525.

J. Simon “The Chemical Revolution and Pharmacy: A Disciplinary Perspective.” Ambix, March 1998 Vol. 45, no. 1 pp. 1–13.

 

CHAPITRES DANS OUVRAGES SCIENTIFIQUES

J. Simon "Chemistry and Pharmacy: A Philosophical Inquiry into an Evolving Relationship" dans R. F. Hendry, P. Needham & A. I. Woody (Dir) Handbook of the Philosophy of Science. Volume 6: Philosophy of Chemistry, Elsevier 2011 (à apparaître).

Simon, J. “Quality control and the politics of serum production in France’, in Gradmann, C. & J. Simon (Eds) Evaluating and standardizing therapeutic agents 1890 to 1950, Basingstoke: Palgrave Macmillan, 2010, pp. 89-104.

J. Simon "Honoré Fragonard, anatomical virtuoso" dans B. Bensaude-Vincent et C. Blondel (Dir) Science and Spectacle in the European Enlightenment, Ashgate, 2008, pp. 141-158.

 

ARTICLES PUBLIES DANS DES REVUES FRANÇAISES A COMITE DE LECTURE

J. Simon “La Chimie et la pharmacie en 1800” Revue d’histoire de la pharmacie, 2001, Vol. 49.330 : 175–182.

J. Simon “L’homme de verre? Les trois règnes et la promiscuité de la nature.” Corpus, 1999, Vol. 36 : pp. 65–80.

 

COMMUNICATIONS AYANT DONNÉ LIEU A PUBLICATION OU A DES ACTES

J. Simon "Les fonctions pratiques des préparations anatomiques : réflexions historiques" dans S.Boudia, A. Rasmussen et S. Soubiran (dir.)
Patrimoine et communautés savantes, Presses Universitaires de Rennes, 2010, pp. 139-150.

J. Simon “French Serum Regulation in 1895: the Necessary Minimum or the Maximum Possible?” in Jean Paul Gaudillière and Volker Hess (eds.), WAYS OF REGULATING: Therapeutic Agents between Plants, Shops and Consulting Rooms, Berlin: Max-Planck-Institut für Wissenschaftsgeschichte, 2008, 95–104.

J. Simon “The Values of the Mineral Kingdom and the French Republic” in F. O’Gorman and D. Donald (eds) Ordering the World, New York: Palgrave Macmillan, 2006, pp. 163–189.

J. Simon “Taste, Order and Aesthetics in Eighteenth-Century Mineral Collections” in Beretta (ed.) From Private to Public: Natural Collections and Museums, Science History Publications, 2005, 97–112.

 

ARTICLE DE VULGARISATION

J. Simon “Mineralogy and Mineral Collections in Eighteenth-Century France” Endeavour, 2002,Vol. 26.4 : 132–136.

 

 

COMMUNICATIONS

Septembre 2006, ‘Kulturen der Produktion. Die industrielle Produktion des Diphtherieheilserums in Frankreich und Deutschland’ Deutsche Gesellschaft für Geschichte der Medizin, Naturwissenschaft und Technik e.V. (DGGMNT) und Gesellschaft für Wissenschaftsgeschichte e. V.(GWG), Braunschweig, Allemagne.

Septembre 2006, ‘The Art of the Anatomist as Corporal Virtuosity – Honoré Fragonard (1732–1799)’ Mediated Bodies Conference, Maastricht University, Pays Bas.

Août 2006, ‘Matters of Substance’ Workshop on the History of Chemistry, Durham, UK.

Septembre 2005, Organisateur d’une session à l’EAHM ‘The Culture of Laboratory Medicine: Norms, Trials’ avec une présentation ‘Legislation and production of the diphtheria antitoxin in France.’ Paris, France.

Juillet 2005, ‘Two models for production and regulation: the diphtheria antitoxin in Berlin and Paris’ Perspectives on 20th-century Pharmaceuticals, Oxford. UK.

Mars 2005, “Monitoring the Stable at the Pasteur Institute” Heidelberg, Allemagne.

Juin 2004, “Aesthetics, politics, Parisian mineral collections, and the French revolution” Bologna, Italie.

Septembre 2003, “The NCI and the ACS funding the fight against cancer.” University of Minnesota, Minneapolis, USA.

Mai 2003, “Honoré Fragonard (1732-1799) and the display of anatomical virtuosity” Institut Max Planck pour l’Histoire des Sciences, Berlin, Allemagne.

Octobre 2002, “La chimie, la pharmacie et la Révolution Française” Séminaire en Histoire des Sciences, Université Catholique de Louvain, Bruxelles, Belgique.

Octobre 2002, “Displaying the dead in 18th-century anatomy: the case of Fragonard” The British Institute, Firenze, Italie.

Septembre 2002, “The Values of the Mineral Kingdom and the French Republic” 5th Conference of the North Western Section of The British Society for Eighteenth–Century Studies, Manchester University, Manchester, UK.

Mai 2002, Présentation et prise en charge d’une session sur l’histoire de la chimiothérapie dans un séminaire en histoire de biologie: “The Business of Life: Life Science and Industry in the 20th Century” : Marine Biological Laboratory, Woods Hole, MA, USA.

Juin 2001, “Discovery by Committee? The Philosophy and History of Screening anti-cancer agents”Australasian Association for the History, Philosophy & Social Studies of Science, Melbourne, Australia.

Décembre 2000, “Du Quantitatif au qualitatif dans la lutte contre le cancer, Etude du Cancer Chemotherapy National Service Center.” CRHST à la villette.

Décembre 2000, “La Révolution Française et la formation d’un pharmacien” Faculté de Médecine, Université de Strasbourg.

Octobre 2000, “The Analytical Roots of Organic Chemistry.” History, Philosophy & New South Wales Science Teaching – Third Annual Conference, UNSW, Sydney, Australia.

Octobre 2000, “The Spectacle of Anatomy.” Unit for HPS, University of Sydney, Australia.

Août 2000, “Pharmacy, chemistry and natural history.” University of New South Wales, Sydney, Australia.

Mai 2000, “La pureté des extraits végétaux : la strychnine entre pharmacie et physiologie.” Journée d’étude au CRHST à la Villette : L’Industrie pharmaceutique et les sciences du vivant.

Novembre 1999, Organisateur d’une session “Bodies of Knowledge of Bodies in 18th-century France” à la conférence annuelle de l’History of Science Society Pittsburgh, PA, avec la participation de Jessica Riskin et Emma Spary. Dans le cadre de cette session, j’ai fait une communication intitulée: “Skeletons in the Cabinet.”

Décembre 1998, Organisateur d’une demi-journée d’étude au CRHST à la Villette. “Condorcet, Condillac et Lavoisier. L’analyse, un seul mot pour diverses pratiques?” avec la participation de Prof. Bensaude-Vincent (Université de Paris X-Nanterre).

Mai 1998, “Pharmacy and the Chemical Revolution.” Technische Universität Carolo-Wilhemina zu Braunschweig, Allemagne.

Avril 1997, “Surveiller et prescrire: La discipline de la chimie et la pharmacie.” Université de Paris X, Nanterre.

Novembre 1996, “The Chemical Revolution in Pharmacy.” Conférence annuelle de l’History of Science Society, Atlanta, Georgia.

Octobre 1995, “What else was new about the new chemistry?” Conférence annuelle de l’History of Science Society, Minneapolis, Minnesota.

 


4. TRAVAUX ET PUBLICATIONS : RESUMES

LIVRES

 

Christoph Gradmann & Jonathan Simon (eds), Evaluating and Standardizing Therapeutic Agents, 1890-1950, Basingstoke: Palgrave-Macmillan, 2010.

CONTENTS :

Introduction; Evaluating and Standardizing Therapeutic Agents, 1890-1950; C.Gradmann& J.Simon
Paul Ehrlich's Standardization of Serum; Wertbestimmung and its Meaning for Twentieth-Century Biomedicine; C-R.Pruell
Evaluation as a Practical Technique of Administration: The Regulation and Standardisation of Diphtheria Serum; A.Hüntelman
From Diphtheria to Tetanus: The Development of Evaluation Methods for Sera in Imperial Germany; A.I.Hardy 
The Construction of a Culture of Standardization at the Institut Pasteur, 1885-1900; G.Gachelin
Quality Control and the Politics of Serum Production in France; J.Simon
'The Geneva serum is excellent!' Autonomy and Isolation in Swiss Cantons during the Early Years of Diphtheria Serum: the Case of Geneva; M.Kaba
The State, The Serum Institutes and The League of Nations; P.Mazumdar
Questions of quality: The Danish State Serum Institute, Thorvald Madsen and biological standardisation; A.Hardy
'The Wright Way': The Production and Standardisation of Therapeutic Vaccines in Britain, 1902-1913; M.Worboys
The Visible Industrialist: Standards And The Manufacture Of Sex Hormones; J-P.Gaudillière
'We need for digitalis preparations what the state has established for serumtherapy…': From Collecting Plants to International Standardization: the Case of Strophanthin, 1900-1938; C.Bonah
Changing Regulations and Risk Assessments. National Responses to the Introduction of Inactivated Polio Vaccine in the UK and the FDR 327; U.Lindner
Standardization before Biomedicine: On Early forms of Regulatory Objectivity; A.Cambrosio

 

Bonah, C., Masutti, C., Rasmussen, A. & Simon, J. (eds), Harmonizing 20th-Century Drugs: Standards in Pharmaceutical History, Paris: Glyphe, 2009.

 

 

 Couverture du livre

Jonathan Simon & Bernadette Bensaude-Vincent, Chemistry, The Impure Science, London: Imperial College Press, 2008

 This book uses history to introduce central issues in the philosophy of chemistry. Mobilizing the theme of impurity, it explores the tradition of chemistry's negative image. It then argues for the positive philosophical value of chemistry, reflecting its characteristic practical engagement with the material world. The book concludes with some ethical reflections concerning chemistry's orientations in the twenty-first century.

Contents:

  • Introduction: Chemistry and its Discontents
  • Chemistry and Pollution
  • The Damnation of the Alchemist
  • The Space of the Laboratory
  • Proof in the Laboratory
  • Chemistry Creates Its Object
  • A Duel between Two Conceptions of Matter
  • Chemistry versus Physics
  • Atoms or Elements
  • Positivism and Chemistry
  • Atoms as Fictions
  • Agency and Relations
  • Taming the Nanoworld
  • Towards a Responsible Chemistry

 

Jonathan SIMON, Chemistry, Pharmacy and Revolution, Aldershot: Ashgate, 2005

Résumé :
La fin du 18ème siècle marque l’aboutissement d’un long processus de séparation entre la chimie de la pharmacie. Au temps de la Révolution française, les deux disciplines se sont construites et organisées sous des formes qui les caractériseront pendant une grande partie du dix-neuvième siècle, et qui, sous certains aspects, les caractérisent encore aujourd’hui. La chimie, considérée auparavant comme une partie intégrante de la pharmacie, devint au cours du dix-huitième siècle une science indépendante avec sa propre théorie qui culmine dans les travaux de Lavoisier et de ses collègues, souvent reconnue sous le nom de la ‘révolution chimique’. La Révolution Française fit, à son tour, disparaître la corporation vénérable de la pharmacie (la corporation d'apothicaires épiciers, transformée en Collège de pharmacie en 1777), et la remplaça par un système étatique dirigé par la nouvelle République. Bien qu'elle ait coûté la vie à Lavoisier, cette révolution sociale permit néanmoins de promouvoir la nouvelle chimie de ce dernier, elle fit également de la médecine une science indépendante enseignée dans les grandes écoles qui devaient former l'élite scientifique du dix-neuvième siècle.

            En somme, la chimie et la pharmacie se sont alors construites comme des disciplines distinctes. Au dix-huitième siècle, la première mit l'accent sur la chimie philosophique, cherchant à s'octroyer le statut de vraie science, avec ses propres préoccupations et sa propre langue. Les chimistes s'écartèrent ainsi des 'arts chimiques,' tandis qu'en représentant l'histoire de leur science ils négligeaient les liens intimes sinon l'identité qui avaient existé jusque-là entre la chimie et la pharmacie. Dans le même temps, la pharmacie se reconstituait comme art chimique fondé sur l'utilité médicale des préparations qui formaient la base de sa pratique.

 
 

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