Jérôme Goffette PDF Imprimer E-mail


Grade Maître de conférence UCB Lyon1
Arrivée au Lirdhist/LEPS/S2HEP Septembre 1999
Domaine d'interêt et de recherche Philosophie de la santé
Principaux travaux/publications (Voir détail ci-dessous)
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Tél : 04.78.77.75.82
Fax : 04.78.78.56.23
Courrier :
Service Commun de Sciences Humaines et Sociales (SCSHS)
Université Claude Bernard Lyon I
8, ave. Rockefeller 69 373 LYON Cedex
Pour en savoir plus

SOMMAIRE

1. Curriculum vitæ
2. Thèmes de recherche
3. Liste des travaux et publications
4. Résumés des travaux et publications


1. CURRICULUM VITÆ

Né le 09.12.1966.

DIPLOMES ET STATUT

* Sept. 2000

Maître de Conférences en Philosophie des sciences
Univ. Cl. Bernard Lyon 1

* Janv. 1996 Doctorat de philosophie (mention Très Honorable avec Félicitations)
Dir. : Pr. J. Gayon (Université de Bourgogne)
Intitulé : De la biomédecine à l'anthropogénie - Réflexion épistémologique et éthique.
* Déc. 1993 Félicitations de la Fondation Cetelem pour le projet universitaire et professionnel
* Juil. 1991 Agrégation de philosophie

* Sept. 1990

 

Maîtrise de philosophie (mention Très Bien).
Dir. : Pr. J.-J. Wunenburger (Univ. de Bourgogne).
Intitulé : L'homme au XVIIIe siècle : la constitution d'un nouvel espace intérieur humain chez Rousseau, Hume et Kant.
* Juin 1986 Diplôme Universitaire Technologique en Biologie appliquée (Lille I)
* Juin 1984 Baccalauréat série D, mention Bien



2. THEMES DE RECHERCHE

SCIENCE, IMAGINAIRE, PROSPECTIVE

La relation entre science et imaginaire est ici abordée à partir d'une assise méthodologique originale, exportant les outils d'analyse de l'anthropologie de l'imaginaire en les modifiant, pour les appliquer au domaine des représentations de la sciences.

1. Un essais de représentation prospective des transformations biologiques artificielles de l'être humain (anthropotechnie) est en voie de publication.

2. Sur le thème des modifications du corps, une recherche croisant philosophie, anthropologie et science-fiction est en cours. Cf. Groupe de recherche du SC SHS " Sciences, imaginaires et science-fiction.

3. Une interrogation prospective sur la façon dont l'imaginaire anthropologique a orienté la réception des innovations biotechnologiques est en cours, prenant pour terrain les OGM et les cellules souches.

ETHIQUE ET EPISTEMOLOGIE MEDICALE

4. Plusieurs articles publiés dans le domaine de l'éthique médicale concernant la diginité du patient polyhandicapé sévère et la question du dépistage sérique de la trisomie 21.

CORPS

5. Une recherche encore au stade exploratoire est en cours sur la psychogénèse du corps, en s'appuyant sur les travaux de Husserl, Schilder, Merleau-Ponty, Andrieu, Le Breton, etc. Cette investigation rejoint sur de nombreux aspects les axes précédents, sur un registre plus fondamental.


3. LISTE DES TRAVAUX ET PUBLICATIONS
CETTE LISTE SERA MISE A JOUR PROCHAINEMENT

LIVRE

* GOFFETTE Jérôme, Naissance de l'anthropotechnie - De la médecine au modelage de l'humain, Paris, Vrin, à paraître (manuscrit accepté, coll. " Pour demain ").

MEMOIRES ET THESE

* GOFFETTE Jérôme, De la Biomédecine à l'anthropogénie - Réflexion épistémologique et éthique, Dijon, Université de Bourgogne, 1996, 434 p. (thèse de doctorat en philosophie, sous la dir. du Pr. J. Gayon).

* GOFFETTE Jérôme, De la biomédecine à l'anthropogénie - Essai de clarification épistémologique et éthique, Dijon, Université de Bourgogne, 1992, 95 p. (DEA de philosophie, sous la dir. du Pr. J. Gayon).

* GOFFETTE Jérôme, L'homme au XVIIIe siècle : la constitution d'un nouvel espace intérieur humain chez Rousseau, Hume et Kant, Dijon, Université de Bourgogne, 1990, 108 p. (mémoire de maîtrise de philosophie, sous la dir. du Pr. J.-J. Wunenburger).

ARTICLES PUBLIES DANS DES REVUES INTERNATIONALES A COMITE DE LECTURE

* GOFFETTE Jérôme, GUÏOUX Axel, LASSERRE Evelyne, " Cyborg :approche anthropologique de l'hybridité corporelle bio-mécanique ", Anthropologie et Société, vol. 28, N°3, 2004.

ARTICLES PUBLIES DANS DES REVUES FRANÇAISES A COMITE DE LECTURE

* GOFFETTE Jérôme, HODGKINSON Isabelle, " Le patient polyhandicapé et la question de son humanitude ", Ethique et Santé, (à paraître, 2005).

* GOFFETTE Jérôme, GUÏOUX Axel, LASSERRE Evelyne, " Le corps décor : réflexion philosophique et anthropologique sur les transformations du corps ", Parcours anthropologiques, Lyon, CREA, n°4, 2004, pp. 42-51.

* HODGKINSON Isabelle, GOFFETTE Jérôme, ANDRE E., " Pour une éthique commune dans les soins apportés auc personnes polyhandicapées ", Motricité cérébrale, 2004 ; 25(4), pp. 172-176, Paris, Masson.

* GOFFETTE Jérôme, " Motivations anthropologiques fondamentales propres à orienter une transformation biologique artificielle : essai de méthodologie prospective ", Bulletin d'Histoire et d'Epistémologie des Sciences de la Vie, (# à paraître).

* GOFFETTE Jérôme, " La naissance du paradigme de l'anthropogénie et le paradigme traditionnel de la médecine ", Ethique, n°19, 1996/1, Paris, Ed Universitaires, pp. 40-51.

* GOFFETTE Jérôme, " Le Problème du normal ", La Gazette médicale, n° 21, 1996, Tome 103, Paris, La Gazette médicale, pp. 22-25.

* GOFFETTE Jérôme, " Quel sens accorder à la condamnation de l'avortement dans le Serment d'Hippocrate ? ", Ethique, n°14, 1994/4, Paris, Ed. Univ., pp. 86-95.

COMMUNICATIONS DONNANT LIEU A PUBLICATION OU A DES ACTES

* GOFFETTE Jérôme, FLORI Marie," Dépistage de la trisomie 21 : hiatus entre collectivité et patients ", article proposé en juin 2005 pour la publication issue du 1er Congrès de la Société de Philosophie des Sciences.

* GOFFETTE Jérôme, JACOBI Daniel, " Discours eugéniste d'hier et discours 'eugéniste' d'aujourd'hui : les limites d'une comparaison ", in Gayon J. et Jacobi D. (éds.), L'eugénisme après 1945 : formes nouvelles d'une doctrine périmée, (Actes du colloque international, Dijon, sept. 1997), (à paraître ?).

* GOFFETTE Jérôme, " Individuation, filiation et métamorphoses biomédicales ", in Moreau P.-F. et Wunenburger J.-J. (dir.), Le corps et l'individuation, EUD, 1998.

* GOFFETTE Jérôme, " La filiation : du paradigme patriarcal traditionnel au paradigme du couple ", in Gayon J. et Wunenburger J.-J. (dir.), Le paradigme de la filiation, Paris, L'Harmattan, 1995, pp. 261-278.

* GOFFETTE Jérôme, " Le problème du normal : appréciation personnelle et détermination biologique ", in Ethique et soins infirmiers, Dijon, CHU/CRDP, 1996, pp. 35-41.

ARTICLE DE VULGARISATION

* GOFFETTE Jérôme, " Promenade philosophique au pays des soins extraordinaires ", Philomèle, n°6 Ethique et soins, Dijon, CNDP, 1996, pp. 11-18.

COMMUNICATIONS A L'ETRANGER

* GOFFETTE Jérôme, " From Biology and Medicine to Anthropotechnics ", International Society for the History, Philosophy and social Studies of Biology, Vienne (Autriche), Vienna University, juillet 2003.

* GOFFETTE Jérôme, " The influence of the modern biology on the medical paradigm ", International Society for the History, Philosophy and social Studies of Biology, Boston (University of Brandeis), United States of America, juillet 1993.


4. TRAVAUX ET PUBLICATIONS : RESUMES

LIVRE

GOFFETTE Jérôme, Naissance de l'anthropotechnie - De la médecine au modelage de l'humain, Paris, Vrin, à paraître (manuscrit accepté, coll. " Pour demain ").

Résumé :
Sommairement, ce manuscrit s'intéresse aux pratiques médicales n'ayant plus pour but de soigner une maladie, mais d'" améliorer " un état normal. Ces pratiques posent un problème évident, à la fois épistémologique et éthique ? un problème humain au sens large. Leur essor laisse présager la naissance d'une nouvelle discipline prenant place à côté de la médecine et de la biologie. Au-delà de cet aspect professionnel, elles posent la question fondamentale du visage de l'humanité à venir et de celui qu'on souhaite.

Depuis plusieurs décennies, avec des innovations aussi diverses que la contraception orale, la chirurgie esthétique, le dopage sportif, etc., le sentiment que nous sommes en train de franchir un seuil historique s'affirme - le seuil du bricolage de l'humain (introduction). De nombreux auteurs ont commencé à réfléchir à tout ou partie de ce phénomène. Il convient en particulier de rappeler les essais de Rifkin, Dagognet, Fukuyama, Sloterdijk, Sfez et Le Breton (ch. 1). Tous, dans des styles et des propos différents, se préoccupent de ce changement humain, avec inquiétude ou espoir.

Cet arrière-plan de réflexion incite à une enquête plus poussée et plus précise du phénomène. Aussi, grâce à une méthodologie adaptée (ch. 2), certains traits saillants apparaissent (ch. 3). L'examen des pratiques atypiques révèle d'une part l'émergence d'un domaine de recherche biomédicale dépassant les clivages de la biologie, de la médecine et de la pharmacie. Mais surtout il révèle l'irruption de tout un ensemble de pratiques plus atypiques encore.

Ces dernières, qui vont de certaines procréations assistées à la régulation de l'état émotionnel en passant par les modifications esthétiques, montrent une unité de direction leur donnant une certaine cohésion. Il faut ainsi parler d'une anthropotechnie en train de naître, définie comme un art du modelage de l'humain, un art de la transformation et de l'amélioration de son être par intervention sur sa réalité biologique (ch. 4).

A titre d'éléments de preuve, il suffit de regarder le développement d'un nouveau genre " littéraire ", celui des guides pratiques de psychostimulants. Les titres, en français comme en américain, sont évocateurs : 300 médicaments pour se surpasser physiquement et intellectuellement, Le guide des nouveaux stimulants, Smart Drugs II, Mind Food and Smart Pills, Mind Boosters, Brain Candy, etc. Les sous-titres ne dissimulent pas leur but : " Plus d'efficacité, plus d'intelligence, plus d'énergie, plus d'optimisme, etc. " : il ne s'agit plus comme en médecine de remédier à des " moins ", à des déficiences du corps ou à des troubles de l'esprit, mais d'obtenir des " plus ". Il ne s'agit plus de restaurer le normal mais d'instaurer du " sur-normal ". Sur le fond d'un grand rêve de science, les justifications abondent : modernisme, compétition professionnelle, dépassement de soi, libération des bornes de notre condition d'existence, etc. Mais il faut aussi tempérer cet engouement : d'une part tout médicament a des effets secondaires, et d'autre part cette logique de la performance peut aussi conduire à manufacturer l'homme comme on perfectionne un outil, autant dire que cela véhicule une vision de l'homme comme moyen et non comme fin (ch. 5). Cela vaut d'ailleurs autant pour le dopage sportif, pour la chirurgie esthétique (de plus en plus demandée par contrainte professionnelle) que pour la psychostimulation. Le problème est donc large et profond.

De quoi s'agit-il précisément ? Conceptuellement, il faut rappeler le lien étroit entre la médecine et le couple du pathologique et du normal (ch. 6). L'anthropotechnie sort de ce cadre pour entrer dans une tension tout autre, celle allant de l'état ordinaire vers un état modifié. La différence est double. D'une part l'anthropotechnie ne répond pas à un appel vital (l'aide contre la souffrance et la mort) mais à un désir. La légitimité de l'action est donc moins évidente, parfois contestable. D'autre part le normal (la bonne santé) est pour la médecine une limite supérieure qui borne sa pratique. Le soin doit se limiter à ce qui est nécessaire (Code de Déontologie Médicale, art. 8). En revanche, l'anthropotechnie s'ouvre vers un horizon aussi vaste que le désir humain. Il y a donc de l'illimité et de l'imaginaire à l'œuvre dans ce champ nouveau (ch. 7).

De plus, la différence est à la fois abstraite (conceptuelle) et concrète. Le schéma de la consultation médicale, avec le temps du diagnostic et celui du traitement, est foncièrement inadapté à la consultation anthropotechnique, où il n'y a nulle maladie à diagnostiquer et nul traitement à prescrire. Nous ne sommes plus dans une relation entre médecin et patient (étymologiquement : passif et souffrant) mais dans une relation entre un demandeur actif et un prestataire de service, qui n'a pas à prescrire mais à conseiller et proposer. De ce fait, on comprend que la déontologie médicale est fondamentalement inadaptée à l'anthropotechnie. D'ailleurs, cette déontologie l'interdit puisqu'elle interdit de prendre des risques médicaux sans bénéfice médical attendu, ce qui est le cas ici. Il faut donc faire le constat d'un hiatus déontologique entre médecine et anthropotechnie, et souhaiter une séparation des genres. Les questions éthiques sont d'ailleurs bien différentes, puisqu'il s'agit en anthropotechnie de s'interroger sur le visage souhaitable de l'humanité à venir, sur la régulation à même d'écarter les pratiques aliénantes et de favoriser celles qui libèrent (avec une nouvelle forme du principe d'autonomie, plus proche de l'esprit de Kant) (ch. 8).

Ce cadre étant posé, l'anthropotechnie nous invite à une réflexion prospective, par laquelle il s'agit d'obtenir un tableau de ce qui nous attend. Méthodologiquement il s'agit de mettre en rapport les structures explicitées par l'anthropologie de l'imaginaire et les possibilités vraisemblables de réalisations techniques sur le long terme (ch. 9).

Ce tableau, pour imparfait qu'il soit, ne peut qu'aider la réflexion humaine et l'interrogation éthique, le discernement du souhaitable et de l'inacceptable. Nous sommes tous confrontés à cet exercice de discernement et il serait juste que nous soyons tous parties prenantes (ch. 10).

MEMOIRES ET THESE

* GOFFETTE Jérôme, De la Biomédecine à l'anthropogénie - Réflexion épistémologique et éthique, Dijon, Université de Bourgogne, 1996, 434 p. (thèse de doctorat en philosophie, sous la dir. du Pr. J. Gayon).

En premier lieu, nous avons dû reconnaître que dans le champ biomédical était apparu un ensemble de pratiques ne relevant pas des épistémès de la biologie et de la médecine. Il nous a fallu ainsi penser la nouvelle épistémè soutenant ces pratiques et envisager la naissance d'une nouvelle discipline.

Cette dernière, que nous avons appelée anthropogénie, se révèle avoir pour finalité spécifique l'amélioration de l'homme par des techniques de modification biologique, ce qui s'écarte nettement d'une discipline de santé ou de connaissance du vivant.

Dans un second temps, nous avons essayé de brosser le tableau des pratiques, effectives ou possibles, de l'anthropogénie. L'amélioration peut porter sur des fins plus précises : force, intelligence, esthétique, procréation, sexe, bonheur, jouvence et longévité, etc. De plus, la consultation anthropogénique, sans souci de santé, doit suivre un schéma différent du médical : il n'y a plus prescription du médecin et obligation d'assistance, mais choix informé et décision du client.

En conséquence, l'éthique médicale, structurée par le pathologique et le normal, ne peut s'appliquer ici, où joue le normal et l'amélioré. Bien des problèmes " bioéthiques " nous paraissent ainsi dus à une confusion des genres (les pratiques en cause, souvent typiquement anthropogéniques, en témoignent).

Dès lors, seule une réflexion éthique générale peut permettre de poser ensuite un cadre déontologique pour l'anthropogénie. L'éthique de la responsabilité ici dégagée prend assise sur la distinction de trois modes de l'agir (liberté, spontanéité et servitude) et sur une définition de l'autonomie responsable (choix délibéré, jugement a posteriori et examen axiologique), tendue dans une exigence morale. La déontologie anthropogénique devrait alors comprendre une règle de délibération préalable à l'autorisation des pratiques, des temps de réflexions pour freiner la spontanéité impulsive, et la détermination du licite par expression de la souveraineté démocratique (expression de la majorité et non consensus négocié).

* GOFFETTE Jérôme, De la biomédecine à l'anthropogénie - Essai de clarification épistémologique et éthique, Dijon, Université de Bourgogne, 1992, 95 p. (DEA de philosophie, sous la dir. du Pr. J. Gayon).

Ce mémoire est une première ébauche de la thèse. Nous avons constitué un outil d'analyse des disciplines, qui nous a permis de conclure, après avoir rejeté l'hypothèse d'une grande discipline unifiante que serait la biomédecine, qu'il existait en puissance une nouvelle discipline, plus spécifique, faisant aujourd'hui irruption par toute une série de pratiques atypiques. Nous avons appelé cette discipline naissante " anthropogénie ". Ensuite nous avons fait une première esquisse de l'étendue possible de l'anthropogénie.

* GOFFETTE Jérôme, L'homme au XVIIIe siècle : la constitution d'un nouvel espace intérieur humain chez Rousseau, Hume et Kant, Dijon, Université de Bourgogne, 1990, 108 p. (mémoire de maîtrise de philosophie, sous la dir. du Pr. J.-J. Wunenburger).

Nous avons cherché à montrer comment, au XVIIIe siècle, chez ces trois auteurs représentant la philosophie des Lumières en Europe, la conscience humaine devient un domaine privé ayant son organisation et sa liberté propres, avec la règle de l'indépendance (Rousseau), la loi de l'autonomie morale (Kant), ou le fonctionnement cognitif en quête de cohérence (Hume).

ARTICLES PUBLIES DANS DES REVUES INTERNATIONALES A COMITE DE LECTURE

* GOFFETTE Jérôme, GUÏOUX Axel, LASSERRE Evelyne, " Cyborg :approche anthropologique de l'hybridité corporelle bio-mécanique ", Anthropologie et Société, vol. 28, N°3, 2004.

Lorsqu'on s'intéresse à la question de l'hybridité, en particulier corporelle, l'image du cyborg est incontournable. Cette figure de la science-fiction nous invite à interroger les complexes liens qui unissent le corps et la machine. Dans cette rencontre du mécanique et du biologique, il est à la fois un symbole d'une redéfinition de la vie humaine et une cristallisation de fascination ou de répulsion. Partant des exemples proposés par le cinéma d'animation japonais, cet article vise à dégager différentes thématiques de l'hybridité, différents aspects de ces expériences fictives. Créature de simulacre, être de monstruosité, produit surpuissant d'un dérèglement social et scientifique, chose informe débordant d'une identité close et unifiée, les images du cyborg révèlent sa grande labilité métaphorique. Plus qu'une simple forme émergeant de constructions fabuleuses, il nous parle aussi du sens que les sociétés modernes attribuent au corps technicisé.

ARTICLES PUBLIES DANS DES REVUES FRANÇAISES A COMITE DE LECTURE

* GOFFETTE Jérôme, HODGKINSON Isabelle, " Le patient polyhandicapé et la question de son humanitude ", Ethique et Santé, (à paraître, 2005).

Le patient polyhandicapé sévère suscite des réactions ambivalentes. Il est souvent considéré comme une personne, mais parfois aussi comme une chose végétative. La question de son statut est donc abordée. La réflexion éthique commence avec deux auteurs classiques, Aristote et Kant. On constate avec surprise que selon leurs philosophies le polyhandicapé sévère apparaît plutôt comme une chose. A l'évidence, ce résultat engendre le malaise et l'interrogation. En fait, Aristote et Kant semblent oublier la corporéité humaine (Le Breton, Lévinas) qui nous fait voir une personne humaine, y compris chez le polyhandicapé.

* GOFFETTE Jérôme, GUÏOUX Axel, LASSERRE Evelyne, " Le corps décor : réflexion philosophique et anthropologique sur les transformations du corps ", Parcours anthropologiques, Lyon, CREA, n°4, 2004, pp. 42-51.

Cet article part des trois concepts de décor (décorum de scène, ornementation d'intérieur, décoration honorifique) pour entreprendre une réflexion sur la corporéité. Partant d'exemples littéraires (Les révoltés de S. Marai) et sociaux, il écarte l'idée naïve d'un corps pensé uniquement comme naturel, sur un mode ontologique. A l'inverse, il souligne que toute humanisation passe par un resaisissement de la corporéité et par une touche technique, artificielle. Dans cet optique, la question des modifications corporelles, des prolongements ou des ajouts techniques proposés de façon croissante par la technologie médicale contemporaine en appelle à un examen attentif de leurs conséquences tant existentielles, sociales qu'éthiques. Car il est manifeste que si l'humanisation nécessite une part d'artificialisation, toute artificialisation n'est pas en soi humanisante.

* HODGKINSON Isabelle, GOFFETTE Jérôme, ANDRE E., " Pour une éthique commune dans les soins apportés auc personnes polyhandicapées ", Motricité cérébrale, 2004 ; 25(4), pp. 172-176, Paris, Masson.

Nos textes de loi français s'intéressent aux personnes polyhandicapées depuis 1989. Mais ce n'est pas pour autant que les soins médicaux sont plus faciles. Chacun travaille selon ses propres convictions, sa propre histoire et appréhende les soins aux personnes polyhandicapées à sa manière. Pourtant nous avons tous les mêmes questions : le patient polyhandicapé est-il une personne ? N'est-il pas en instance de mort ? Sa vie vaut-elle d'être vécue ? Existe-t-il une limite dans les soins à apporter ? Cet article tente d'orienter la réflexion à partir des textes éthiques de référence (Aristote, Kant, cadre utilitariste-conséquentialiste) pour trouver une attitude éthique et humaine que chaque thérapeute pourrait partager.

* GOFFETTE Jérôme, " Motivations anthropologiques fondamentales propres à orienter une transformation biologique artificielle : essai de méthodologie prospective ", Bulletin d'Histoire et d'Epistémologie des Sciences de la Vie, (# à paraître).

Les avancées scientifiques et techniques des sciences de la vie ouvrent de nouvelles perspectives d'application à l'homme. Or, ces perspectives semblent défier l'analyse et la représentation, par la multitude des possibilités offertes, ce qui fait problème. Pour remédier autant que possible à cette difficulté, nous avons proposé, dans un premier temps, de procéder à une analyse de la structure anthropologique de l'imaginaire humain pour discerner les grands types de réalisations auxquels l'humanité aspire. En effet, ces motivations profondes sont les plus puissants moteurs de l'histoire envisageables. En un second temps, il s'agissait de passer quelques unes de ces grandes motivations au crible de ce qui paraît scientifiquement et techniquement possible, afin de cerner assez rigoureusement quelques perspectives plausibles. Ainsi peut-on espérer formuler un essai de prospective philosophique raisonné, permettant pour partie d'éclairer la façon dont le développement des sciences de la vie va s'incarner en l'homme.

* GOFFETTE Jérôme, " La naissance du paradigme de l'anthropogénie et le paradigme traditionnel de la médecine ", Ethique, n°19, 1996/1, Paris, Ed Universitaires, pp. 40-51.

Nous avons essayé de montrer comment toute une série de pratiques exercées dans le domaine médical s'écartent en fait du paradigme médical et obligent à penser un nouveau paradigme, que nous avons appelé " anthropogénie ". Les techniques de contraception, de modelage esthétique, de dopage au sens large, etc., ne visent en effet pas à lutter contre les maladies mais à répondre à des demandes de libertés ou d'améliorations. Les deux paradigmes sont de ce fait profondément différents. Alors que le premier repose sur les concepts de pathologie et de normalité, avec une relation médecin-patient, le second suit les concepts du normal et de l'amélioré, avec une relation prestataire-client. En conséquence, le schéma de consultation doit être différent. De même, plus fondamentalement, une déontologie spécifique à l'anthropogénie s'avère nécessaire, sinon la confusion actuelle, dangereuse, risque de perdurer.

* GOFFETTE Jérôme, " Le Problème du normal ", La Gazette médicale, n° 21, 1996, Tome 103, Paris, La Gazette médicale, pp. 22-25.

Cet article, commandé par une revue s'adressant aux médecins, s'efforce de poser et d'approfondir le concept de normalité médicale. Cette normalité particulière, contrairement à la déclaration de l'Organisation Mondiale de la Santé, n'est pas un état de " parfait bien-être physique et mental ", mais un état où la santé n'est pas menacée par la maladie. La santé, dès lors, s'oppose à une souffrance qui, de plus, n'est pas n'importe quelle souffrance, mais une souffrance dont le patient pâtit, c'est-à-dire qui entraîne une détresse liée à son impuissance à y remédier. La normalité médicale, dès lors, doit être différenciée de la normalité sociale (qui peut comprendre un certain bien-être), de la normalité biologique ou de la normalité statistique. Elle est avant tout forgée face au pathologique, c'est-à-dire face à la souffrance du malade. Le normal médical est ainsi le but assigné à la médecine, mais aussi la limite au-delà de laquelle la médecine cesse d'être médecine pour devenir " anthropogénie ".

* GOFFETTE Jérôme, " Quel sens accorder à la condamnation de l'avortement dans le Serment d'Hippocrate ? ", Ethique, n°14, 1994/4, Paris, Ed. Univ., pp. 86-95.

Le Serment d'Hippocrate, référence en éthique médicale, déclare " Je ne remettrai pas [...] à une femme un pessaire abortif ". Nous avons cherché, par une étude comparative des textes du corpus hippocratique, la raison d'une telle interdiction. La présence, dans ce corpus, de longues listes d'abortifs et de descriptions d'avortements, fait en effet problème. Au terme de l'enquête, il s'avère impossible de trancher entre trois argumentations très différentes. Premièrement, la contradiction serait bien réelle et résulterait de l'hétérogénéité des auteurs. Deuxièmement, la contradiction ne serait qu'apparente et proviendrait de la distinction, en grec, entre écrusis (expulsion précoce d'embryon) et trôsmos (avortement d'un embryon animé, c'est-à-dire de plus de quarante jours). L'interdiction du Serment ne porterait que sur le second cas (ce qui rapproche l'interdiction du Serment de la déontologie française actuelle). La troisième explication possible met en avant la précision " à une femme ". En accord avec la conception antique du droit du père, seul ce dernier aurait droit de décider de l'embryon. Cette multiplicité d'explications rend le Serment ambigu, laissant entier le problème du statut de l'embryon.

COMMUNICATIONS DONNANT LIEU A PUBLICATION OU A DES ACTES

* GOFFETTE Jérôme, FLORI Marie," Dépistage de la trisomie 21 : hiatus entre collectivité et patients ", article proposé en juin 2005 pour la publication issue du 1er Congrès de la Société de Philosophie des Sciences.

En médecine, l'outil statistique entre souvent dans la problématique complexe du rapport entre tout et partie. Ainsi, le dépistage sérique prénatal de la trisomie 21 repose sur la constatation statistique d'une corrélation entre le taux de certains marqueurs sériques maternels et la présence d'un fœtus atteint de trisomie 21. Le dosage des marqueurs permet alors un calcul de risque. Avec notre réglementation, 5% des femmes enceintes de moins de 38 ans appartiendront au groupe à risque. Après caryotype, seulement 1% des femmes de ce groupe verront leur risque confirmé (avec possibilité d'une IMG). Pour 99%, le test sérique actuel n'est donc pas fiable. L'importance des résultats " positifs " infirmés montre que la validité scientifique peut s'accompagner de malentendus médicaux entre patientes (parties) et puissance publique (totalité). Démarche globale et démarche particulière ne coïncident pas. Ce hiatus, qui en 2002 a concerné 574.324 femmes, est donc à la fois un problème épistémologique complexe et un problème humain grave, facteur d'inquiétude, pour lesquels la philosophie de la médecine se voit interrogée. Le concept de pertinence peut être une clef intéressante.

* GOFFETTE Jérôme, JACOBI Daniel, " Discours eugéniste d'hier et discours 'eugéniste' d'aujourd'hui : les limites d'une comparaison ", in Gayon J. et Jacobi D. (éds.), L'eugénisme après 1945 : formes nouvelles d'une doctrine périmée, (Actes du colloque international, Dijon, sept. 1997), (à paraître ?).

La question initiale étant de savoir si l'on peut aujourd'hui parler à juste titre d'eugénisme, nous sommes ici partis d'un corpus de textes écrits par des scientifiques de renommées comparable pour des publics comparables, avec, d'un côté, deux textes de l'eugénisme classique écrits par les deux prix Nobel Charles Richet et Alexis Carrel, et, de l'autre, deux textes écrits par René Frydman et Axel Kahn. L'analyse des textes de l'eugénisme classique nous a permis de caractériser un concept canonique de l'eugénisme. Ensuite, nous avons comparé les deux textes contemporains avec ce concept, soulignant similarités et différences. Enfin, il convenait d'expliciter les limitations méthodologiques d'une telle comparaison historique, avec en particulier le problème de la décontextualisation plus ou moins poussée du concept. Cette limitation conduit à une certaine prudence dans les conclusions.

* GOFFETTE Jérôme, " Individuation, filiation et métamorphoses biomédicales ", in Moreau P.-F. et Wunenburger J.-J. (dir.), Le corps et l'individuation, EUD, 1998.

Cet article tend à montrer comment certaines nouvelles pratiques " biomédicales " actuelles ou possibles dans le futur (transformations esthétiques, modification du processus reproductif, etc.) peuvent entraîner certaines altérations dans l'individuation et dans la constitution de l'identité personnelle, l'exemple le plus frappant étant celui du clonage parthénogénétique humain.

* GOFFETTE Jérôme, " La filiation : du paradigme patriarcal traditionnel au paradigme du couple ", in Gayon J. et Wunenburger J.-J. (dir.), Le paradigme de la filiation, Paris, L'Harmattan, 1995, pp. 261-278.

Le paradigme traditionnel de la filiation suit, de façon schématique, le modèle père-fils. La lecture de multiples sources conduit à dégager plusieurs caractéristiques : 1° la mise entre parenthèses de la mère, 2° la prééminence du père sur le fils (qui a une dette ontologique), 3° une structure unitaire et linéaire (la ligne père-fils), 4° la constitution de l'identité personnelle en référence à une origine-modèle. Le paradigme traditionnel de la filiation repose ainsi sur le concept de principe premier et est régi par la règle de reconduction du même. Par opposition, un paradigme nouveau de la filiation se fait jour, tant dans la biologie, que dans le Droit, la sociologie, la métaphysique, avec des caractéristiques bien différentes : 1° un statut égal pour l'homme et la femme, 2° une égalité de dignité entre parents et enfants (sans dette ontologique), 3° une structure dendritique (l'arbre généalogique) liant la personne à toute une population, 4° la constitution de l'identité personnelle non plus en référence à une origine-modèle mais à une multitude, dépassant la famille. Il va de soi qu'un tel changement de paradigme entraîne un bouleversement des consciences, ouvrant la voie, entre autres choses, à une nouvelle métaphysique de l'existence.

* GOFFETTE Jérôme, " Le problème du normal : appréciation personnelle et détermination biologique ", in Ethique et soins infirmiers, Dijon, CHU/CRDP, 1996, pp. 35-41.

Le concept médical du normal doit être distingué d'autres concepts de la normalité. En premier lieu, la normalité psychosociale, tendant vers un certain bien-être et écartant toute accentuation trop forte des traits humains, doit être ici écartée. En second lieu, pour remédier à cette ouverture trop large, il peut être tentant de faire appel à une définition statistique de la normalité, fondée sur les concepts de moyenne et d'écart type. Il suffit de prendre l'exemple d'une population majoritairement malade pour comprendre qu'une telle définition de la normalité ne correspond pas à la normalité médicale. Dès lors convient-il de revenir vers le concept de pathologie en montrant son enracinement dans l'idée d'une souffrance contre laquelle le malade se trouve démuni, impuissant. Hors de cette référence à la maladie (effective ou simplement possible), la notion de normalité médicale semble condamnée à errer.

ARTICLE DE VULGARISATION

* GOFFETTE Jérôme, " Promenade philosophique au pays des soins extraordinaires ", Philomèle, n°6 Ethique et soins, Dijon, CNDP, 1996, pp. 11-18.

Il s'agit d'une présentation de la problématique médecine-anthropogénie (exposée ci-dessus) pour une revue s'adressant à un public d'enseignants de la philosophie et de lycéens.

COMMUNICATIONS A L'ETRANGER

* GOFFETTE Jérôme, " From Biology and Medicine to Anthropotechnics ", International Society for the History, Philosophy and social Studies of Biology, Vienne (Autriche), Vienna University, juillet 2003.

* GOFFETTE Jérôme, " The influence of the modern biology on the medical paradigm ", International Society for the History, Philosophy and social Studies of Biology, Boston (University of Brandeis), United States of America, juillet 1993.

 
 

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