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À une époque de transdisciplinarité, d’interdisciplinarité, voire de post-disciplinarité, la question des disciplines reste centrale dans notre conception des sciences. Même lorsque l’on annonce la mort d’une discipline — comme la zoologie, la chimie organique, etc. —, les disciplines en tant que telles demeurent une référence pertinente pour caractériser les réformes et les transformations institutionnelles. C’est ainsi que la biochimie nécessite l’existence de la biologie et la chimie préalablement à son invention. Dans ce projet de recherche, nous passerons en revue les diverses approches vis-à-vis de la notion de discipline scientifique, en nous concentrant sur divers moments de leur “cycle de vie” — en particulier leur naissance, mais aussi leur maturité et leur disparition. Que peut-on apprendre de l’étude historique et philosophique des disciplines scientifiques pour améliorer notre compréhension de leur évolution ? Comment se constituent les identités professionnelle ou épistémologique des disciplines ? Quel rôle jouent les institutions et les politiques scientifiques dans ce processus ? Quelle logique sous-tend l’unité d’une spécialité qui se revendique comme telle ? Une discipline obéit-elle à un principe d’autonomie, de complétude, d’auto suffisance, ou bien se définit-elle d’abord avec, contre, vis-à-vis d’autres disciplines ? Comment faire le tour d’une discipline ? L’inventaire de ses savoirs, savoir-faire et faire savoir suffit-il à la caractériser, la discriminer, la distinguer ? Comment articuler l’étude historique et philosophique des disciplines en situation, “en action”, avec les discours et les classifications qui les justifient (arbre ou système général des connaissances, encyclopédies…) ? Le phénomène de spécialisation disciplinaire engage-t-il un pluralisme épistémologique en histoire des sciences ? Comment les notions de paradigme, de programme de recherche ou de style traduisent-elles ou transcendent-elles cette diversité des disciplines scientifiques ?
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