Perfection & perfectionnements du corps.

 

Lundi 5 et mardi 6 janvier 2009, Musée d’Art Contemporain, Cité Internationale, Lyon.

 

 

 

Programme

 

Affiche

 

Participants + abstracts

 

Comité scientifique :

Sarah Carvallo LEPS - ECL

Jérôme Goffette LEPS - Université Lyon 1

Jonathan Simon LEPS - Université Lyon 1

 

Actuellement, l’ingénierie du vivant, la recherche pharmaceutique, la génétique, la chirurgie et les biotechnologies se trouvent mobilisées pour améliorer le corps humain. En insérant ce projet contemporain dans une histoire plus longue, ce colloque vise à interroger la quête de perfection, ses méthodes, ses critères et ses buts. En effet, la représentation du corps parfait possède une histoire : à la Renaissance et l’âge moderne, le corps humain vaut comme modèle de perfection, ce qui implique des résonances religieuses, artistiques, techniques et politiques. Aujourd’hui, les enjeux et les pratiques actuels d’amélioration du corps répondent certes à des capacités techniques et scientifiques nouvelles, mais s’inscrivent aussi en lien avec des représentations anciennes. Appréhender la perfection du corps sous le double point de vue de l’histoire et de la ‘technicisation’ contemporaine permet de comprendre la fonction des critères de perfection appliqués à l’homme aujourd’hui.

Dans ce colloque sur deux jours, nous proposons de mettre en parallèle et faire communiquer deux thématiques. D’abord la longue tradition de regarder le corps humain comme le sommet de la création, la forme la plus parfaite des créatures sur terre qui sert de modèle ou idéal dans toutes sortes d’entreprises humaines. Le deuxième thématique vise la tendance plus récente mais grandissante de mettre en œuvre les moyens scientifiques et techniques afin d’améliorer ce même corps humain tantôt en termes d’apparence, tantôt en termes de performance. L’augmentation sinon la banalisation des interventions chirurgicales ou pharmaceutiques qui visent à rectifier un élément du corps perçu comme défectueux ou malformé ou seulement susceptible d’être amélioré nous met face au paradoxe de cette demande généralisée d’optimiser ou améliorer un corps qui fut longtemps regardé comme le paradigme de la perfection. Cette réflexion nous oriente vers la puissance des techniques médicales contemporaines et les nouvelles possibilités qu’elles ouvrent ; elle interroge aussi le rôle des médias dans la promotion du désir de surpasser le corps humain biologique ‘traditionnel’ et le façonnage des nouvelles normes du corps désiré ou désirable.

Jetant un regard vers l’avenir, les fantasmes de ‘cyborgs’ surpuissants ou d’êtres qui jouissent d’une éternelle jeunesse peuvent nous mettre en garde contre certaines dérives des techniques amélioratrices. De l’autre côté, la compréhension du passé peut nous aider à qualifier nos pratiques contemporaines en situant notre représentation du corps à l’égard des traditions qui le valorisaient autrement avec des justifications et références différentes. Ce double éclairage doit ainsi permettre de mieux contextualiser sinon comprendre la volonté actuelle d’améliorer l’apparence et les performances humaines.

 

 

Jonathan Simon

jsimon@univ-lyon1.fr

LEPS-LIRDHIST

La Pagode

Université Lyon 1

F-69622 Villeurbanne Cedex

 

Sarah Carvallo

sarah.carvallo@ec-lyon.fr

Ecole Centrale de Lyon

36, avenue Guy de Collongue

69134 Ecully Cedex France