Séminaire du 11 janvier 2011, 17h15 Salle Fokko Ducloux, bâtiment Braconnier, domaine de la Doua. 'Emergence en France du génie chimique et son évolution en génie des procédés (1793-1987).' Jacques BREYSSE, Centre d’histoire des techniques et de l’environnement (CDHTE/CNAM - Paris) Le « génie des procédés » est apparu formellement dans un article publié en 1983 , avant de donner lieu au premier congrès français sur ce thème en 1987 à Nancy. Il était le développement naturel d’une autre discipline, le « génie chimique », qui avait émergé en France à Toulouse juste après la seconde guerre mondiale, à l’instigation du Prof. Joseph Cathala . En fait, bien avant ces évènements , on peut observer qu’il y eut en France un certain nombre de faits typiques d’un génie des procédés « masqué », qui ne put se matérialiser plus tôt, suite probablement à une approche typiquement française en terme de classification des sciences. On peut mentionner à cet égard entre autres : - les écrits « visionnaires » de Lavoisier et Chaptal, - l’enseignement de Péclet dans le contexte de l’Ecole Centrale de Paris, - le développement technologique (et de procédés) très innovant en France tout au long du 19ème siècle, en particulier dans le domaine de la distillation, - la volonté d’ Henri Le Chatelier dans son souci de développer la science industrielle. Il reste cependant quelque peu étonnant que, dans le contexte du développement du "Chemical Engineering" aux Etats-Unis, la formalisation des « Unit Operations » par A.D.Little en 1915 soit restée aussi mal connue et peu prise en compte en France avant la 2ème guerre mondiale. Le « génie chimique » se développera en France par contre très vite à partir des années 1950 dans le monde académique et dans l’industrie chimique, avant que son approche féconde puisse être généralisée à l’ensemble des procédés « ... dans lesquels la matière change : - de forme, d’état d’agrégation ou de dispersion, - d’état physique ou de propriétés physico-chimique, - de nature chimique »
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