Soutenance de thèse, Alex Léna, Le fossile, précepteur de l'épistémologie de la paléontologie : pour une historiographie du vivant

le 26 septembre 2018

Doctorat en Philosophie et Histoire des sciences; Discipline : Paléontologie Thèse soutenue publiquement le 26/09/2018, par Alex Lena le 26-9 à 14 h. Le fossile, précepteur de l'épistémologie de la paléontologie : pour une historiographie du vivant Devant le jury composé de : Cohen, Claudine - Rapporteure Tirard, Stéphane – Rapporteur Richard, Nathalie. Cordey, Fabrice. Perru Olivier. Escarguel Gilles.

Résumé
Le fossile est le siège incontournable de la connaissance du passé du vivant et par conséquent de celle du présent. Il est épistémologiquement a-phénoménal, non-expérimentable, incomplet et historique. Cette nature épistémologique occasionne des contraintes importantes dans la manière de fabriquer l'histoire du vivant par le paléontologue : l'historiographie du vivant. Comment le fossile comme objet naturel et sa nature épistémologique vont-ils contraindre le processus épistémologique de la paléontologie et en définitive l'historiographie du vivant ?
La première partie de ce travail vise à retracer l’histoire de l’objet fossile lui-même à travers les aléas de ses définitions depuis l’antiquité jusqu’à aujourd’hui. Je montre que le fossile que nous connaissons aujourd’hui, c’est-à-dire un objet minéral dont l’origine est organique et qui possède une historicité, est le résultat de son rejet, à la toute fin du 18e siècle, des systématiques minéralogiques par les minéralogistes eux-mêmes. Le fossile passe en quelque sorte du monde minéral au monde du vivant.
A partir de ce statut biologique acquis, la seconde partie de mon travail essaie de mettre en lumière le dispositif historiographique dont se dote la paléontologie. Ainsi, je propose une structure du comment écrit-on l’histoire ? en trois temps. Le premier montre le rôle épistémologique de la perception dans l’acquisition des données fondamentales en paléontologie, : perception de la forme et de l’historicité des objets géologiques. Le second moment du fossile est celui des faits paléontologiques, où s’entrecroisent la reconnaissance du vivant, la datation des archives et leur localisation. Pour finir, le troisième moment est celui du questionnement des faits paléontologiques et leur transformation épistémologique en événements paléontologiques, étapes nécessaires à la réécriture de l’histoire du vivant.
Publié le 10 septembre 2018